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PORTRAIT DU SECTEUR

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Le riz est une filière stratégique pour la sécurité alimentaire et la nutrition au Sénégal. Sous l’impulsion du Gouvernement, la filière a connu une nette consolidation ces dernières années, avec un accroissement considérable des volumes de production.

Le riz occupe une place de choix dans les habitudes de consommation des populations sénégalaises. De plus, l’accroissement démographique et l’urbanisation croissante ont augmenté significativement les besoins de consommation de cette denrée, amenant le Sénégal à recourir à des importations massives qui ont atteint une valeur nette de 189, 27 milliards FCFA en 2016 soit 966 498 tonnes importées (source : NACE (Note d’Analyse de la Conjoncture Economique) , 2016), avec une consommation en moyenne de 80 kg/an par habitant, ce qui fait du Sénégal l’un des plus grands consommateurs de riz en Afrique.

Le riz constitue à lui seul, près de 10% de la balance commerciale et ce phénomène a tendance à s’ampli er dans le temps car la production nationale progresse moins vite que la consommation qu’elle ne couvre qu’en partie. Pratiquée sous pluie ou sous irrigation, la riziculture, enjeu national, suscite chez les producteurs un engouement croissant, malgré les difficultés conjoncturelles.

Le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (PRACAS) vise l’autosuffisance du en riz, parmi d’autres objectifs. Le PRACAS est mis en œuvre pour favoriser la production de riz blanc de très bonne qualité au Sénégal, avec un objectif de 1,8 million de tonnes, dont 1,6 million de riz paddy, à court terme. Le coût total du PRACAS est d’environ 74 milliards de francs CFA.

Le gap à combler, pour satisfaire la demande nationale en riz blanc, est couvert par les importations qui pèsent lourdement sur la balance commerciale du Sénégal et pose, dans la foulée, un réel problème de souveraineté alimentaire.

Pour inverser cette tendance, les Autorités étatiques ont lancé le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS) qui, dans sa composante riz, vie à booster la production rizicole dans toutes les zones de production (Vallée du fleuve Sénégal, Bassin de l’Anambé, zones rizicoles exploitées en pluvial).

Ainsi, la promotion de la riziculture locale pour satisfaire la demande nationale relève d’une option stratégique de l’Etat, confortée par les incertitudes du marché international du riz et les potentialités exceptionnelles dont dispose le Sénégal en ressources naturelles (abondance de ressources hydriques, terres aptes à la riziculture, climat favorable favorisant deux cultures par an).

Les importations de riz ont connu une baisse sensible entre 2016 et 2015 ( – 2,77% en volume), grâce notamment à la montée en gamme et au saut qualitatif et quantitatif effectuée par les producteurs locaux qui permet de pallier considérablement les besoins significatifs en importations, principalement d’Asie du sud-est. A cela s’ajoute les habitudes de consommation de la population sénégalaise avec une forte tendance récente à consommer du riz local brisé, les producteurs locaux ayant maintenant une réelle maitrise des process agroindustriels de transformation innovants .

AVANTAGES COMPARATIFS

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Grâce notamment à d’abondantes ressources en terres propices à la production agricole et en eau, le potentiel de l’agriculture au Sénégal est largement reconnu, notamment dans la filière riz. Les modèles de réussite des dernières années prouvent à suffisance la capacité existante des exploitants privés sénégalais et étrangers dans la riziculture. Les conditions climatiques et pédologiques, à travers le pays, présentent un excellent environnement pour la production rizicole :

  • le milieu naturel confère au Sénégal un avantage avéré par rapport à de nombreux pays, y compris certains pays exportateurs dont le Sénégal est client (instabilité climatique en Asie du sud-est, etc.) ;
  • la riziculture a suscité, depuis son introduction, un intérêt toujours croissant chez les agriculteurs. Cette adhésion n’a cessé de se confirmer quels que soient le statut et les motivations du producteur, les écosystèmes rizicoles et les systèmes de culture, et malgré les difficultés conjoncturelles ;
  • une synergie a été établie avec les structures de développement aboutissant, entre autres, à l’introduction de matériel végétal à haut potentiel de rendement (les variétés Sahel)
  • au plan économique, le coût de revient du riz local est devenu compétitif par rapport à celui du riz importé, et des marges de progrès existent encore. Dans le même temps, la qualité s’est beaucoup améliorée, accroissant ainsi sa demande au niveau national.

POSITIONNEMENT STRATEGIQUE DU SENEGAL

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La riziculture constitue un pan important du développement socio-économique au Sénégal sous-tendu par une production agricole en quantité et en qualité. Une production locale maîtrisée et performante permettrait au Sénégal de jouir d’opportunités avérées sur des marchés solvables aussi bien intérieurs qu’extérieurs.

La création d’un environnement attractif pour susciter l’intérêt du secteur privé dans le développement de la filière riz, la production d’un riz de qualité, l’augmentation de la productivité et de la production rizicole en vue de parvenir à l’autosuffisance constituent des dé s majeurs à relever par l’Etat du Sénégal et les acteurs de la filière.

Le climat propice à la double rotation des cultures du riz, le retour progressif des partenaires techniques et financiers multilatéraux qui investissent de plus en plus dans la riziculture et le contexte actuel du marché international du riz constituent de grandes opportunités à saisir.

L’optimisation de la distribution du riz local passe nécessairement par une adaptation de la production aux exigences du consommateur sénégalais. Aujourd’hui les importations de riz sont conditionnées par les cours très volatiles du riz, à cela s’ajoutent les conditions bancaires et ces facteurs jouent beaucoup dans la fixation des prix par les importateurs. Au vu de l’importance et du dynamisme du marché domestique, il existe de réelles opportunités d’investissement dans la filière, et ce, notamment :

• Dans le développement d’unités agroindustrielles de production de riz paddy ;
• Dans la transformation du riz destiné à la consommation, suivant des modèles intégrés.

Au final, l’autosuffisance en riz apparaît comme un enjeu de : souveraineté et de sécurité alimentaires visant notamment réduction du dé cit de la balance commerciale.

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